-Sœur Marguerite, emmenez donc sœur Marie faire une promenade dans le parc, cela lui fera le plus grand bien.-Bien ma Mère.
Cela faisait dix ans que sœur Marie était arrivé au couvent et depuis ce temps, personne n’avait entendu le son de sa voix. Toutes les pensionnaires du couvent déployaient des trésors de patience pour s’occuper d’elle. Sans ces attentions, elle serait certainement déjà morte. Il fallait, chaque jour, s’occuper de la nourrir, de la laver, de la vêtir. Elle, restait immobile, le regard dans le vague comme plongée dans des pensées profondes. Sans cesse, dans sa tête se déroulait le fil de son histoire. Du temps où sœur Marie s’appelait Eléonore.
-Vous m’avez fait demander Marraine ?
-Entre et assied toi. Viens ça que je te regarde. Comme tu deviens femme ! Quel âge as-tu ?
-Je viens d’avoir quinze ans Marraine.
-Comment ce peut-il que de tels trésors fussent enfermés dans l’ombre d’un couvent ? Ce teint et ces grands yeux pleins d’innocence ne demanderaient, j’en suis sûre qu’à faire chavirer bien des cœurs !
-C’est qu’hélas à la mort de mes chers parents, je n’avais d’autre choix que d’être recueillie par les sœurs.
-Hé bien le temps est venu pour toi de revenir dans le monde des vivants ! C’est pour cela que je t’ai fait quérir.
Nulle charité de la part de Madame de M., car son titre n’empêchait pas de grandes difficultés financières. Autant de revers qui l’avaient conduite à servir de rabatteuse afin d’approvisionner les soirées très spéciales du Marquis de L. et de ses amis. Elle était, à présent, la plus grande maquerelle du royaume. Le règne du régent très permissif était le théâtre de bien des scènes de débauche organisées chez les plus grands personnages du moment.
Celles qui se déroulaient chez Le Marquis de L. étaient réputées pour leur extrême dépravation. Certains parlaient même de culte rendu à Satan, de sacrifices humains, en tous cas les rumeurs allaient bon train.
Ce n’était pas dans le but d’enlever Eléonore à l’humidité de sa cellule du carmel que la marquise avait recueilli la jeune fille, mais bien pour la livrer aux bacchanales du Marquis. Et quelle recrue de choix ! De longs cheveux blond vénitien descendaient en large boucles sur un visage ovale auquel de grands yeux verts donnaient douceur et ingénuité. Pour ses quinze ans, elle avait déjà un corps de femme, ses hanches, sa taille et ses seins lui donnait au moins trois ans de plus, elle avait le port altier des femmes bien nées. D’ailleurs, sa classe naturelle était très appréciée au couvent et c’est à regret que la mère supérieure l’avait laissée partir.
-Eléonore, ma fille, il est temps que tu découvres le monde, ce soir, je t ‘emmène dîner en bonne société. Ton rang exige que tu côtoies les êtres les plus raffinés et que tu découvres ce que peuvent être les relations entre les individus. Dis moi… As-tu déjà fait l’amour ?
-Oh non Marraine !
-Quoi, tu n’as jamais ressenti de désir ?
Eléonore rougit et baissa les yeux.
-Et bien… c’est que…
Puis relevant la tête elle affronta le regard de sa Marraine et avoua.
-Alixe, ma meilleure amie est venue me rejoindre une nuit dans ma couche. D’abord, elle m’a caressé les cheveux puis son doigt s’est posé sur mes lèvres et descendit sur ma gorge. Dès que sa main entra en contact avec mes seins, une onde de bien-être gagna tout mon corps. Sa main vint ensuite s’immiscer entre mes cuisses alors que ma bouche recevait sa langue. Je dus connaître très vite ce qu’on appelle le plaisir car je fus à deux doigts de m’évanouir. Hélas, une sœur nous surprit et nous fûmes flagellées et mises au cachot plusieurs jours.
-A la bonne heure ! Je vois que ces années d’enfermement ne t’on pas empêché de connaître, même furtivement, les joies du plaisir.
Qu’à cela ne tienne ! Nous allons rattraper le temps perdu ! Tu trouveras, dans ta chambre, la tenue que tu porteras ce soir, soit prête dès huit heures.
-Bien Marraine.
A huit heures précises, le cocher les emmena vers le château de M. Dans la voiture qui les conduisait, Eléonore confia à sa Marraine que la légèreté de sa tenue l’étonnait. Elle n’était en effet vêtue que d’une courte chemise de lin si fine que l’on pouvait distinguer à travers le léger vêtement, seins et son pubis. Une longue cape lui permettait de cacher cette quasi-nudité pendant le parcours.
-Ne t‘en émeus pas ma chérie, nous nous rendons à une soirée entre amis et gens de bien. Puis écartant sa propre cape : D’ailleurs, vois, je suis moi-même vêtue de la même tunique. Elle sortit d’un petit sac un loup de satin nacré qu’elle tendit a sa protégée.
-Lorsque nous arriverons, tu devras porter ce masque, c’est la règle.
Quelques instants plus tard, la lourde calèche s’ébranla sur les gros pavés de la cour du château de M. Après l’entrée de chaque visiteur, des serviteurs zélés refermaient soigneusement les grilles, une telle réception demandait la plus grande discrétion.
Les deux femmes entrèrent dans le grand salon magnifiquement éclairé par des centaines de chandelles. Il y avait là une trentaine de convives tous masqués. Parmi eux, le Marquis organisateur de la soirée, plusieurs contes duc et barons des environs et un ecclésiastique. Tout était déjà en train et bien des participants avaient ôté leur tunique et évoluaient entièrement nus, des groupes s’étaient formés et copulaient ardemment sur des couches aménagées ça et là. Un homme accueillit les deux femmes.
-Ah mon amie je reconnais bien là votre fidélité à nos petites fêtes ! Je vois que vous avez encore déniché une de ces perles rares dont vous seule avez le secret dit-il en désignant Eléonore.
-Je vous présente Eléonore, ma protégée.
C’est sa première soirée…
-Nous en prendrons grand soin.
Le Marquis héla un couple qui se rendait au buffet.
-Je vous confie cette jeune fleur, apprenez lui tout ce que je vous ai enseigné.
Ils prirent la jeune fille par la main
Au centre du salon était aménagé un immense buffet recouvert de mets les plus raffinés et de grandes carafes de vin.
Autour, on avait disposé de grands fauteuils et tout autour de la pièce, de larges couches déjà occupés par des corps entremêlés.
-Le Duc d’Y. est-il parmi nous ce soir ? S’enquis la marquise.
-Sa présence ne fait aucun doute ! Alors que je léchai le con d’une demoiselle il est venu m’enculer sans crier gare ! Vous le trouverez pour l’heure sur quelque paillasse occupé à branler un de nos convives !
En le cherchant, elle rencontra une de ses bonnes amies qui venait de recevoir le foutre de trois solides gaillards qui après avoir déchargé repartait vers le buffet se gaver de nourriture et de vin.
-Oh! ma belle ! Vous voilà bien inondée ! Laissez que je vous lèche !
Et la gourmande passa sa langue sur les seins qui avaient été si bien arrosés.
Il y avait dans l’assemblée, de jeunes gens, garçons et filles qui ne portaient pas de masques. Les convives semblaient se les disputer et en faisaient grand usage.
-Qui sont-ils ? demanda la Marquise.
-C’est l’abbé G. qui nous les a amené. Ce sont de jeunes orphelins quelque peu simples. Ils font, paraît-il merveille dans ce genre de soirée ! Je me suis fait lécher par une de ces petites gourgandines, croyez-moi, les orphelinats sont les meilleures écoles de la débauche !
Il y avait trois jeunes filles de quatorze ou quinze ans et trois garçons de seize ou dix-sept ans. Ils étaient tous à la tache, foutant ou se faisant foutre léchant et suçant tout ce qui leur tombait sous la main.
Deux hommes pourvus d’énormes vits, très excités de voir la Marquise recueillir le foutre sur les seins de sa compagne, entreprirent de s’occuper de sa personne.
L’un la pris par derrière et investit son con, l’autre, présenta son sexe devant sa bouche, elle l’absorba tout entier dans sa bouche.
Déjà très excité, il vint rapidement et de logues giclées de sperme remplirent sa bouche. L’autre homme quitta son con pour son cul. La Marquise se pâma quand elle se sentit investie de la sorte.
Après cet intermède, elle voulut aller voir ce
que devenait Eléonore. Elle la trouva allongée sur une couche, ruisselante de foutre, embrassant à pleine bouche une femme tout en branlant deux vits. Elle ruisselait et paraissait fourbue mais était pleine de reconnaissance pour sa Marraine.
-Oh ! Marraine ! Vous avez fait de moi la plus grande des putains ! Je ne savais pas que l’on pouvait jouir de tant de façons ! D’abord, cette femme a commencé à me caresser et très vite ce fut comme si le feu avait investi mes entrailles, puis un homme arriva, son membre bien dressé. Il investit aussitôt la place que la femme avait si bien préparée. Il eût du mal à entrer en ce lieu qui avait jusqu’alors été préservé mais la barrière naturelle ne lui résista pas longtemps. L’homme allait et venait dans mon intimité, puis, après quelques instants, il se dégagea de ma fente, me retourna et… Oh Marraine ! Saviez-vous que l’on peut aussi être pénétrée par là ?
D’abord, j’eus l’impression que l’on me déchirait puis la sensation devint très agréable. Pendant ce temps, un autre homme avait investi mon con et cette femme que vous voyez là me suçait les seins. Je ne sais pas lequel des trois m’a fait jouir ! Je veux désormais que l’on me baise ainsi chaque jour !
-Hé là ma belle comme tu y vas ! Ce soir tu as appris à te servir de tes attributs, désormais, tu possèdes une arme redoutable ! Ce joli corps te permettra d’avoir le monde à tes genoux !
La marquise savait au fond d’elle-même que la soirée ne faisait que commencer et que ce qu’avait subi la jeune fille n’était qu’un préambule à ce qui allait se passer plus tard dans la soirée.
Elle repartis à la recherche du duc dY., celui-ci lui devait une importante somme d’argent pour lui avoir fourni quelques jeunes garçons. Elle le trouva à l’autre extrémité du salon. Il avait entrepris de s’occuper d’un des garçon de l’orphelinat. Il s’agissait du plus grand, il devait avoir dix-sept ans et se prénommait Colin.
Tout le monde avait déjà beaucoup bu et les dernières barrières s’étaient levées. Hommes et femmes se livraient à la plus extrême débauche dans la joie et l’excitation.
Le duc, lui aussi, avait fait ripaille mais l’abus de vin le rendait violent.
Le regard vitreux et le visage cramoisi, il pétrissait sans ménagement Colin qui arborait un regard apeuré. A coté, une femme ivre regardait la scène en riant bruyamment. Il retourna brutalement le jeune homme et, d’un coup de rein, lui enfonça son énorme dard dans l’anus.
On entendit un hurlement qui glaça tout le monde. Tous les regards convergèrent vers la paillasse où sévissait. Après un instant de surprise, le femme ivre se remit à glousser. Colin, lui, s’était dégagé de l’étreinte du duc. Il courut vers le mur où étaient accrochées des armes de duel. Il saisit rapidement un sabre, et faisant de grands moulinets devant lui trancha tout ce qui était à sa portée. Le duc fut l’un des premiers à recevoir les coups. Le sabre lui coupa la gorge, un jet de sang arrosa le mur. La femme ivre aspergée de sang, d’abord surprise, partit d’un énorme fou rire et se masturba à travers sa tunique trempée.
Un coup de lame vint mettre fin à son excitation. Son rire se transforma en un gargouillis sanguinolent.
En voyant l’action de Colin, les autres orphelins semblaient fascinés. Deux d’entre eux, un garçon et une fille, attrapèrent des armes et se mirent à massacrer tous les convives à leur portée. Ils furent très vite suivis par leurs compagnons d’infortune. Les lames virevoltaient, les membres étaient tranchés, les abdomens se vidaient, les gorges laissaient gicler d’abondants jets de sang. Comme ils barraient toute sortie, ils purent anéantir méthodiquement chaque participant à la soirée. Seule Eléonore avait pu se cacher derrière le grand buffet recouvert de victuailles non loin de sa Marraine qui gisait, le crâne enfoncé. Une fois leur tâche accomplie, les orphelins se jetèrent sur la nourriture qu’ils dévorèrent joyeusement. Ils riaient, chantaient et dansaient dans une mare de sang et de viscères. C’est alors qu’arrivèrent les gardes que les serviteurs restés à l’extérieur avaient alertés. Horrifiés devant un tel spectacle, ils restèrent un instant, immobiles, contemplant la pièce ravagée, avant d’intervenir.
Les enfants furent emmenés sans ménagement, on ne sait pas ce qu’il advint d’eux. Personne ne réclame un orphelin. Il fallut un moment avant que l’on s’aperçut de la présence d’Eléonore restée pétrifiée derrière la lourde table du buffet. Lorsqu’on l’interrogea pour comprendre ce qui s’était passé, elle ne répondit à aucune question et resta prostrée, le regard vide.
-Nous avons fait le tour du parc, ma Mère !
-A la bonne heure ! Mais il faut rentrer maintenant, l’air devient frais. Menez la au réfectoire, qu’on lui serve une soupe.
Le lendemain, l’évêque et sa suite vint les visiter. Il s’attarda bien sûr vers sœur Marie lui prodiguant quelques paroles de réconfort. Elle promena son regard absent sur l’assemblée qui l’entourait. Le prélat se retourna vers la Mère supérieure et lui indiqua un moine qui, capuche relevée, se tenait à l’écart du cortège.
-Il se peut que cette enfant soit possédée par le démon, j’ai parmi ma suite un exorciste dont on m’a dit le plus grand bien. Confiez-lui cette pauvre créature, je suis sûr qu’il obtiendra d’excellents résultats.
-Dieu vous entende !
On réserva une cellule afin que l’exorciste puisse exercer en toute quiétude. Le moine et sœur Marie s’y installèrent.
Lorsque l’évêque eut achevé sa visite on voulut constater les effets des prières du moine sur la possédée. La porte était entrouverte, la mère supérieure la poussa et découvrit une vision d’horreur. Sœur Marie gisait sur le sol égorgée.
Dans le coin de la pièce, Colin, la robe de bure ensanglantée, contemplait son œuvre en répétant :
-La putain du diable…La putain du diable…